Deux centrales photovoltaïques, totalisant 120 mégawatts, doivent voir le jour près d'Owendo et de Port-Gentil d'ici 2027. Les autorités gabonaises ont attribué les deux projets à l'issue d'un appel d'offres international lancé en 2022, auquel une dizaine de consortiums avaient répondu. Le calendrier initial prévoyait une attribution un an plus tôt, retardée par plusieurs recours administratifs.
L'électricité gabonaise dépend aujourd'hui largement de l'hydroélectricité, complétée par des centrales thermiques mobilisées en période de pointe ou d'étiage, lorsque le débit des fleuves baisse. Le solaire reste, pour l'instant, marginal dans ce mix, avec une poignée d'installations de petite taille déjà en service. Quelques toitures d'administrations publiques accueillent déjà des panneaux, mais à une échelle sans commune mesure avec les deux projets annoncés.
Diversifier le mix électrique
À Owendo, le consortium Akanda Energy doit construire une centrale de 70 mégawatts sur un terrain proche de la zone industrielle. À Port-Gentil, Ogooué Solaire est chargé d'une installation de 50 mégawatts, pensée pour appuyer le réseau local pendant les pics de consommation. La mise en service des deux sites est annoncée pour 2027. Les deux sites occuperont plusieurs dizaines d'hectares chacun, sur des terrains déjà identifiés par les autorités locales.
« Ces deux centrales ne remplaceront pas l'hydroélectricité, elles la soulagent quand les rivières baissent. »
68 FCFA
tarif d'achat négocié par kilowattheure solaire, contre plus de 90 FCFA pour l'appoint thermique
Source : Akanda Energy
Un effet attendu sur les coûts
Les industriels installés autour d'Owendo, premiers consommateurs d'électricité du pays avec les zones portuaires, espèrent une facture allégée aux heures où le solaire tourne à plein régime. Certains évoquent une part du solaire pouvant atteindre 4 % du mix électrique national d'ici 2028. Rien n'est cependant garanti avant la mise en service effective des deux centrales. Les tarifs industriels actuels varient sensiblement selon les zones et les niveaux de consommation, ce qui complique toute promesse chiffrée uniforme.
Les deux consortiums doivent encore finaliser le financement des équipements de stockage nécessaires pour lisser la production en cas de nuages persistants. Ce volet, moins médiatisé que la puissance annoncée, conditionne en partie la fiabilité réelle des deux centrales. Sans stockage suffisant, la production chute au coucher du soleil, au moment même où une partie de la demande industrielle reste élevée.
Le raccordement des deux centrales au réseau existant reste le point le plus incertain du projet. Les lignes actuelles doivent être renforcées pour absorber une production intermittente, sans que le financement de ces travaux soit entièrement bouclé, selon les deux porteurs de projet. Aucun calendrier précis de renforcement du réseau n'a pour l'instant été rendu public.
« On sait construire une centrale. Le plus dur, c'est souvent le dernier kilomètre de câble. »
La mise en service reste conditionnée à l'avancement de ces travaux de raccordement. Les deux consortiums assurent qu'ils tiendront le calendrier de 2027, sans lever toutes les incertitudes qui pèsent sur les infrastructures existantes, ni sur le rythme des décaissements attendus des bailleurs. D'ici la mise en service, le mix électrique gabonais continuera de reposer, comme aujourd'hui, sur l'hydroélectricité et l'appoint thermique.
