La banque centrale de la zone a publié son rapport annuel. Le document dresse un état des lieux de la masse monétaire, du crédit à l’économie, des réserves de change et de l’orientation de la politique monétaire pour l’exercice écoulé. Quatre indicateurs retiennent particulièrement l’attention des trésoriers d’entreprise et des directions financières, qui y puisent des repères pour construire leurs propres prévisions de trésorerie.
Masse monétaire en hausse
La masse monétaire progresse sur l’exercice, portée par la hausse des dépôts à vue des entreprises et par une collecte de l’épargne des ménages urbains plus dynamique qu’anticipé. Cette progression traduit aussi la bancarisation croissante des transactions, encouragée par le développement des paiements mobiles dans les principales villes du pays. Les banques de détail confirment cette tendance dans leurs propres statistiques d’ouverture de comptes.
- Masse monétaire : progression sur l’exercice
- Crédit à l’économie : croissance modérée, concentrée sur le commerce
- Réserves de change : couverture de plusieurs mois d’importations
- Taux directeur : inchangé sur la période sous revue
Crédit à l’économie, toujours concentré
Le crédit à l’économie augmente à un rythme plus modéré que la masse monétaire. Il reste concentré sur le commerce et les services, loin devant l’industrie et l’agriculture, qui peinent à mobiliser des financements de moyen terme. Les banques justifient cette prudence par la difficulté à évaluer le risque sur des cycles de production longs, en l’absence de garanties suffisamment liquides pour les projets agro-industriels.
48 %
Part du crédit à l’économie orientée vers le commerce et les services sur l’exercice sous revue
Source : Rapport annuel de la banque centrale de la zone
Réserves de change et taux directeur
Les réserves de change couvrent plusieurs mois d’importations de biens et de services, un niveau jugé confortable par les analystes consultés. Le taux directeur reste inchangé sur la période, l’institut d’émission privilégiant la stabilité tant que les tensions inflationnistes demeurent contenues dans l’ensemble de la zone. Plusieurs économistes de la place estiment néanmoins qu’une révision n’est pas à exclure si les prix de l’énergie repartent à la hausse.
« Le niveau des réserves donne de la marge, mais il ne dispense pas les entreprises de couvrir leur risque de change sur les contrats en devises »
Pour les directions financières, ce rapport annuel reste avant tout un outil de calibrage : il permet de resituer les conditions de financement de chaque entreprise par rapport à la tendance générale du crédit dans la zone. Les prochaines publications trimestrielles permettront de vérifier si ces tendances se confirment. Pour resituer ces montants à l’échelle nationale, le produit intérieur brut du Gabon avoisine 12 000 milliards de FCFA, et le budget de l’État un peu plus de 4 000 milliards de FCFA sur l’exercice en cours. Nos autres décryptages économiques sont réunis dans la rubrique Espace pro.
